Hervé Kouyoudjian gérant de Lady Chaussures

Ce Dauphinois fait mentir le proverbe du cordonnier qui est le plus chaussé lui qui a repris l’atelier paternel de fabrication de chaussures, prenant un plaisir immense à chausser ces dames avec des modèles en cuir made in France faits pour durer.


Un chantre du savoir-faire français

La chaussure, c’est toute notre vie !
Hervé Kouyoudjian : Je suis tombé dedans petit ! C’est mon père qui a créé l’atelier en 1957, installé au départ rue Thiers à Grenoble. A l’époque, il ne fabriquait que des après-ski haut de gamme en poils de vache, en peau de mouton ou en peau de phoque …
Quand j’ai commencé à travailler avec lui, je suis allé vendre des bottes de mouton dans toutes les stations des Alpes et même sur la Côte d’Azur ! C’était alors la grande mode !

Votre père vous a transmis l’amour du travail artisanal …
H.K. : Il m’a surtout transmis le sens du travail bien fait et du travail tout court. Tout en sillonnant les routes comme VRP sur le Grand-Est pendant 15 ans, j’ai appris dans l’atelier tous les rouages du métier, depuis la conception d’un prototype jusqu’à la production d’un modèle de A à Z, soit jusqu’à 240 étapes ! Une chaussure, ça se mérite !

Aujourd’hui, finie l’époque des après-ski…
H.K. : Avec la fin des grands froids hivernaux et l’apparition de nouvelles matières techniques, il a fallu se reconvertir : on s’est mis à produire de la chaussure pour femme exclusivement en cuir.

De nos jours, c’est une gageure de fabriquer ici !
H.K. : On fait de la résisitance ! Fabriquer de la chaussure en France est devenu une affaire de convictions et de savoir-faire : je me bats pour préserver cette fabrication artisanale avec un savoir-faire français, même si aujourd’hui il est hélas impossible de trouver toute la matière première dans notre pays.

Vous semblez avoir trouvé chaussure à votre pied …
H.K. : C’est plus beau métier du monde : vous imaginez un modèle, vous le dessinez, vous le fabriquez de vos propres mains et un jour vous croisez dans la rue une dame qui le porte à son pied et qui s’y sent comme dans un chausson : c’est pas magnifique ?

 

Source : Mag’Ville Voiron – mars/avril 2012


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[20/03/2012]

 

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